L’Iran à la croisée des chemins : l’héritier du Chah peut-il incarner l’avenir ?
Par la Rédaction de « Faut qu’on en parle » Lundi 2 mars 2026
Alors que l’Iran traverse une crise historique après la mort de l’ayatollah Khamenei, une figure du passé ressurgit : Reza Pahlavi. Fils du dernier monarque, il se dit prêt à diriger une transition. Mais entre souvenirs de grandeur et passé autoritaire, le retour de la monarchie est-il une option crédible pour le peuple iranien ?

Charlie WEIMERS meets Crown Prince of IRAN Reza PAHLAVI
Un appel solennel depuis l’exil
À peine les premiers bombardements avaient-ils commencé ce samedi que Reza Pahlavi, héritier du trône iranien, adressait un message au pays. D’un ton solennel, il a déclaré être prêt à revenir pour « reconstruire l’Iran ». Exilé depuis l’âge de 18 ans après la révolution de 1979, celui qui s’autoproclame prince mise sur le chaos actuel pour se présenter comme l’ultime recours.
Cependant, les experts sont sceptiques. Si la diaspora iranienne à l’étranger soutient massivement la dynastie Pahlavi, la réalité à l’intérieur du pays est bien plus nuancée. Pour le politologue Paulo Hilu, revenir dans les bagages des armées américaine et israélienne poserait un immense problème de légitimité.
Le mythe de l’Iran des années 70
Pour beaucoup de jeunes Iraniens nés après la révolution, le règne du Chah (le père de Reza) est synonyme d’images d’Epinal : un pays moderne, des femmes en minijupe et une ouverture sur l’Occident. Un contraste saisissant avec la répression sanglante de la « police des mœurs » actuelle.
Mais les historiens rappellent une réalité plus sombre. La monarchie était un régime absolutiste et violent. Sous le vernis libéral se cachait la SAVAK, une police politique pratiquant la torture et les arrestations arbitraires. C’est d’ailleurs ce mécontentement profond qui avait uni, en 1979, les démocrates, la gauche et les religieux pour renverser le trône.
Une structure de pouvoir complexe
Comprendre l’Iran, c’est comprendre l’héritage de l’ayatollah Khomeini. Depuis 1979, le pays repose sur une structure fragmentée où le Guide suprême détient les clés des forces armées, tandis que le président élu gère les affaires courantes. Cette architecture a permis au régime de tenir pendant des décennies, malgré les crises et les contestations sociales massives, comme celles liées à la mort de Mahsa Amini en 2022.
Quel espoir pour une démocratie réelle ?
L’Iran est un pays de près de 100 millions d’habitants, doté d’une société civile vibrante et éduquée. Malgré la guerre et la répression, des voix s’élèvent pour une transition vers un régime véritablement inclusif et laïc.
Selon les experts, l’avenir de l’Iran ne réside peut-être ni dans le retour d’une monarchie vieille d’un siècle, ni dans la poursuite de la théocratie actuelle, mais dans la capacité de ses acteurs politiques internes à construire une démocratie pluraliste.
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