Mort d’un infirmier à Minneapolis : La Maison Blanche bat en retraite et admet des « failles » de protocole
Face à l’indignation croissante qui gagne jusqu’à son propre camp, l’administration Trump opère un virage stratégique. Pour la première fois, l’exécutif reconnaît que l’opération qui a coûté la vie à Alex Pretti n’a peut-être pas respecté les règles d’engagement.
C’est un aveu rare venant de l’une des figures les plus radicales de la Maison Blanche. Stephen Miller, architecte de la politique migratoire de Donald Trump, a concédé mardi que la mort d’Alex Pretti, cet infirmier de 37 ans abattu samedi par la patrouille frontalière, pourrait être le résultat d’une erreur opérationnelle.
« Les renforts envoyés pour une mission de protection auraient dû créer une barrière entre les équipes d’arrestation et les perturbateurs, pas mener des actions létales », a déclaré le conseiller à l’AFP, ajoutant que l’administration analyse actuellement « pourquoi le protocole n’a pas été suivi ».
Les coulisses d’un rétropédalage
Ce changement de ton radical — passant du soutien inconditionnel aux forces de l’ordre à une promesse de « baisse de tension » — ne doit rien au hasard. Selon le Wall Street Journal, la Maison Blanche a cédé sous la pression politique interne.
Des poids lourds du Parti Républicain, dont le sénateur Lindsey Graham, ont averti le Président que les images brutales de la mort de l’infirmier étaient en train de devenir un poison politique. Le risque ? Que l’opinion publique ne se retourne contre l’ensemble de l’agenda anti-immigration. De plus, la fronde inédite des associations pro-armes (défendant le droit de la victime à porter une arme légale) a fini par isoler l’exécutif.
Changement de têtes et de méthodes
Pour éteindre l’incendie, Washington a procédé à une réorganisation immédiate sur le terrain :
-
L’exfiltration de Bovino : Gregory Bovino, le commandant controversé qui supervisait les opérations, a été discrètement muté en Californie. Officiellement, il reste une « pièce maîtresse », mais son départ de Minneapolis ressemble à une sanction déguisée.
-
L’arrivée du « Tsar » : Pour reprendre la main, Donald Trump a dépêché Tom Homan, son « Tsar des frontières ». Sa mission est claire : apaiser les relations avec les autorités locales. Il a d’ailleurs immédiatement rencontré le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey.
-
Nouvelle tactique : Selon des sources gouvernementales, l’ère des rafles visibles dans les quartiers résidentiels est suspendue au profit d’approches policières plus « traditionnelles ».
Trump tente de calmer le jeu
Sur le plan de la communication, le Président a dû avaler son chapeau. Après avoir initialement qualifié les manifestants de « terroristes », il a finalement présenté ses condoléances à la famille Pretti et promis de suivre l’enquête de près.
Bien qu’il maintienne que l’infirmier « n’aurait pas dû porter une arme », Donald Trump a changé de posture vis-à-vis des élus démocrates locaux, passant des invectives à des appels téléphoniques de coordination. L’objectif est désormais affiché : « réduire un peu la tension » avant que la situation ne devienne incontrôlable.
Soutenez notre Rédaction Pour nous permettre de continuer à vous informer en toute indépendance, le soutien de nos lecteurs est essentiel. Si vous aimez la cuisine et les voyages, nous vous invitons à découvrir notre partenaire : achetez des épices et de la vanille au Comptoir de Toamasina. Profitez de 10% de réduction sur votre commande avec le code promo brésil.


