Nouvelle Doctrine Trump : Washington menace d’intervention militaire ses voisins récalcitrants

Dans un document stratégique au ton martial, l’administration Trump redéfinit les règles du jeu pour l’Hémisphère Occidental. Le message est clair : la coopération est attendue, mais l’intervention militaire est sur la table pour quiconque entraverait les intérêts américains ou laisserait la porte ouverte à la Chine.

C’est un retour à la « politique du gros bâton », version 2.0. Le Département de la Défense des États-Unis a dévoilé ce vendredi sa nouvelle Stratégie Nationale de Défense. Loin du langage diplomatique habituel, le texte pose un ultimatum aux pays d’Amérique Latine et du Nord : participez à la lutte contre le narcotrafic et rejetez l’influence des rivaux mondiaux, ou préparez-vous à des actions unilatérales de Washington.

Trump place Washington D.C. sous contrôle fédéral et mobilise la Garde nationale

Trump place Washington D.C. sous contrôle fédéral et mobilise la Garde nationale

Le « Corollaire Trump » à la doctrine Monroe

Le document formalise ce que l’administration appelle le « Corollaire Trump ». S’inspirant de la doctrine Monroe du XIXe siècle (qui refusait toute intervention européenne en Amérique), cette nouvelle mouture revendique une hégémonie totale des États-Unis, s’étendant « du Groenland à la Terre de Feu ».

L’objectif affiché est double :

  1. Verrouiller l’Hémisphère : Garantir un accès exclusif aux zones stratégiques (Canal de Panama, Arctique, Golfe du Mexique).

  2. La « bonne foi » armée : Washington promet de travailler avec ses voisins, mais se réserve le droit d’intervenir avec « rapidité, puissance et précision » si un pays échoue à protéger les « intérêts partagés ».

L’ombre de l’Opération « Résolution Absolue »

Pour prouver que ces menaces ne sont pas en l’air, le texte cite explicitement un précédent récent : l’opération militaire qui a conduit à la chute et à la capture de Nicolás Maduro au Venezuela. Qualifiée de modèle pour l’avenir, cette intervention sert d’avertissement. Le message est dirigé vers les gouvernements qui seraient tentés de collaborer avec les cartels de drogue (qualifiés de cibles militaires légitimes) ou de flirter trop ouvertement avec des puissances étrangères.

Chine et Russie : Le partage du monde ?

Si le ton est belliqueux envers les voisins immédiats, la stratégie vis-à-vis des grandes puissances rivales est plus nuancée, relevant d’une Realpolitik assumée.

  • Chine : Désignée comme le rival systémique, Pékin doit être « dissuadé » mais pas « étranglé ». L’administration Trump semble proposer un partage des zones d’influence : les États-Unis maîtres des Amériques, la Chine force dominante en Asie, à condition de trouver un équilibre « favorable aux intérêts américains » dans l’Indo-Pacifique (notamment autour de Taïwan et du Japon).

  • Russie et Corée du Nord : Washington compte déléguer la gestion de ces menaces à ses alliés (l’OTAN pour Moscou, la Corée du Sud et le Japon pour Pyongyang), exigeant d’eux qu’ils portent une part plus lourde du fardeau sécuritaire.

Frontières et « Dôme d’Or »

Sur le plan intérieur, la défense commence aux frontières. Le document insiste sur une militarisation accrue de la lutte contre l’immigration illégale et le narcotrafic, exigeant une coopération totale du Mexique et du Canada. Enfin, le texte évoque le déploiement du « Dôme d’Or », un système de défense (probablement antimissile), pour lequel le Canada sera sollicité afin de verrouiller l’espace aérien nord-américain.