Portrait : Delcy Rodríguez, la « Dame de Fer » du chavisme désormais seule à la barre

Alors que le Venezuela s’enfonce dans l’incertitude après l’arrestation de Nicolás Maduro par les forces américaines, tous les regards se tournent vers une femme : Delcy Rodríguez. Vice-présidente, ministre du Pétrole et figure indéboulonnable du régime, elle est désormais celle qui doit tenir les rênes d’un pays en état de choc.

L’héritière d’une lignée révolutionnaire

Née à Caracas en 1969, Delcy Eloína Rodríguez Gómez n’est pas arrivée au pouvoir par hasard. Son destin semble lié à la lutte politique depuis l’enfance. Fille de Jorge Antonio Rodríguez, fondateur du parti marxiste Liga Socialista — mort en 1976 sous la torture en détention policière —, elle a fait de ce drame familial le moteur de son engagement.

Avec son frère, Jorge Rodríguez (actuel stratège du pouvoir et président de l’Assemblée), elle forme le binôme le plus puissant du pays, dévoué à la mémoire de leur père et à l’héritage d’Hugo Chávez.

Un parcours sans faute au cœur du pouvoir

Avocate spécialisée en droit du travail, formée à l’Université Centrale du Venezuela avec des compléments d’études à Paris et Londres, elle a gravi tous les échelons depuis 2003 :

  • Diplomatie : Ministre des Affaires étrangères (2014-2017), elle s’y est illustrée par son ton combatif contre l’OEA et les États-Unis.

  • Législatif : Présidente de l’Assemblée nationale constituante (2017-2018).

  • Exécutif : Vice-présidente depuis 2018, elle a récemment cumulé ce rôle avec celui de ministre du Pétrole et de l’Économie, contrôlant ainsi les ressources vitales du pays.

La cible privilégiée des sanctions internationales

Pour Washington et Bruxelles, Delcy Rodríguez est bien plus qu’une vice-présidente : elle est le pilier du système. C’est pourquoi elle est personnellement visée par des sanctions depuis 2018 (gel d’avoirs, interdiction de voyager). Washington l’accuse de corruption et de violations des droits humains, tandis que l’Union européenne la considère comme une actrice majeure de l’érosion démocratique au Venezuela.

Le défi de l’intérim : Une présidente par défaut ?

Selon la Constitution vénézuélienne, en cas d’absence absolue du Président, c’est à elle que revient la charge d’assurer l’intérim. Dans son dernier message radiophonique, elle n’a pas seulement exigé une « preuve de vie » de Maduro, elle a aussi activé les « plans de défense intégrale ».

Son profil en 3 points clés :

  1. La Fidélité : Elle est l’une des rares à n’avoir jamais montré le moindre signe de dissidence.

  2. Le Tempérament : Connue pour son ton acerbe envers « l’impérialisme », elle refuse toute concession.

  3. La Stratégie : En contrôlant à la fois le pétrole et la vice-présidence, elle détient les leviers financiers nécessaires pour tenter de maintenir la loyauté de l’armée.

Analyse de « Faut qu’on en parle » : Delcy Rodríguez saura-t-elle transformer son rôle de vice-présidente en celui de chef de la résistance ? Ou sa position sera-t-elle contestée par d’autres figures du chavisme comme Diosdado Cabello ? La réponse pourrait se trouver dans les prochaines heures, au gré de la réaction des casernes.