Ruée vers l’or : Le métal jaune brise des records historiques face à l’instabilité mondiale

Jamais l’once d’or n’avait coûté aussi cher. En franchissant la barre symbolique des 5 100 dollars, le métal précieux envoie un signal d’alarme clair : les marchés financiers perdent confiance dans la stabilité géopolitique actuelle et cherchent désespérément une protection.

C’est le symptôme d’une économie mondiale en ébullition. Ce lundi, le cours de l’or a atteint un sommet historique, s’échangeant au-dessus de 5 100 dollars l’once (environ 31 gramme). Pour mesurer l’ampleur de cette fièvre, il suffit de regarder dans le rétroviseur : en janvier de l’année dernière, cette même quantité d’or ne valait que 2 730 dollars.

Cette flambée spectaculaire, qualifiée de « fièvre » par les économistes, ne relève pas du hasard. Elle est la conséquence directe d’une accumulation de crises diplomatiques et d’incertitudes émanant de la première puissance mondiale.

or pixabay

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Une crise de confiance envers le dollar

Le moteur principal de cette hausse vertigineuse réside dans la politique étrangère agressive menée par l’actuelle administration américaine. Les tensions commerciales avec la Chine, les menaces tarifaires brandies contre les alliés européens et les récents imbroglios diplomatiques autour du Groenland ont fini par effriter la confiance des investisseurs.

Habituellement, le dollar et les bons du Trésor américain font office de valeurs refuges. Mais face à des décisions jugées erratiques par la Maison Blanche — incluant des menaces de taxes douanières punitives allant jusqu’à 100 % contre certains voisins ou 200 % sur des produits de luxe européens —, les gestionnaires de fonds se détournent des actifs américains.

Le résultat est mécanique : le billet vert s’affaiblit face aux autres devises, et les capitaux se reportent massivement vers l’or, l’actif ultime de protection contre le risque systémique.

L’argent et les métaux précieux suivent la tendance

L’or n’est pas le seul à profiter de ce climat anxiogène. C’est tout le secteur des métaux précieux qui est en surchauffe.

  • L’argent a connu une ascension fulgurante, passant de 30 dollars l’once au début du mandat présidentiel actuel à près de 115 dollars ce lundi.

  • Le platine et le palladium enregistrent également des hausses significatives, portés par cette quête de diversification des portefeuilles.

Comme l’expliquent les stratèges de marché, la logique est simple : « Quand la géopolitique se tend et que les taux d’intérêt fluctuent, l’or joue un rôle unique de stabilisateur qu’il est aujourd’hui difficile de trouver ailleurs. »

Une opportunité pour les marchés émergents ?

Ce désamour pour les actifs américains crée, par effet de vases communicants, une opportunité inattendue pour les économies émergentes. Alors que le dollar perd du terrain (passant par exemple de 6 à 5,27 unités face à la monnaie brésilienne), les investisseurs internationaux cherchent de nouveaux rivages pour faire fructifier leurs capitaux.

Les flux de capitaux étrangers vers ces marchés ont explosé en ce début d’année 2026, atteignant des volumes records en moins d’un mois. Cependant, les analystes préviennent : pour transformer cet afflux d’argent « chaud » en croissance durable, les pays émergents devront offrir des garanties solides. L’amélioration des infrastructures (ports, voies ferrées) et, surtout, une sécurité juridique irréprochable sont les conditions sine qua non pour retenir ces investissements sur le long terme.

Vers les 6 000 dollars ?

Jusqu’où ira cette ascension ? Avec des banques centrales qui continuent d’acheter de l’or massivement (notamment la Chine, pour le quatorzième mois consécutif) et une instabilité géopolitique qui ne montre aucun signe d’apaisement, certains experts projettent déjà un cours de l’or avoisinant les 6 000 dollars avant la fin de l’année.

Tant que la diplomatie mondiale restera imprévisible, le métal jaune continuera de briller comme le baromètre de la peur des marchés.