
SAISON 12 / EPISODE 9
Derrière la carte postale de l’été, il y a tout un monde qui s’active. Des plages aux campings, des sorties en mer aux conseils donnés aux visiteurs, la saison se prépare bien avant l’arrivée des vacanciers.
Accueil, sécurité, réservations, météo, imprévus, sourires à garder même dans le rush : l’été côté coulisses, c’est une organisation permanente, souvent invisible, pour que chacun puisse profiter de ses vacances l’esprit léger.
La mer occupe une place centrale : lieu de détente et d’émerveillement, mais aussi espace de vigilance, de prévention et de respect du vivant. Entre plaisir, découverte et bons réflexes, elle rappelle que les vacances se vivent aussi avec attention.
La saison, ce sont aussi des galères, des demandes étonnantes, des touristes perdus, des journées qui commencent tôt et finissent tard, mais aussi de belles rencontres et des souvenirs qui donnent du sens à ces métiers.
Au fond, derrière chaque baignade, chaque nuit en camping, chaque repas les pieds dans le sable, chaque sortie en bateau ou chaque conseil de visite, il y a des femmes et des hommes qui font vivre l’été.
Les invités de l’émission :
- Jean Luc CERCIO – Président de la SNSM Bandol
- Stéphane FOULONNEAU – Directeur de l’office de tourisme de Saint-Cyr-sur-Mer
- Sophie BETTINER – La plage de Sophie, restaurant et plagiste à Saint-Cyr-sur-Mer
- Aurélien GUAY – Guide naturalise sur le bateau Croix du Sud V, découverte du Vivant
- Stéphanie CLAQUIN – Directrice adjointe de l’office de tourisme Provence Méditerranée
- Amélie GELOT – Directrice du camping AEC les Dauphins à Saint-Cyr-sur-Mer
Les chiffres sur l’émission “L’été côté coulisses : qui fait vivre nos vacances ?”
Pourquoi l’été ne commence pas seulement quand les vacanciers arrivent ?
Avant que les vacanciers ne posent leur serviette sur le sable, ne plantent leur tente ou ne réservent une sortie en mer, toute une saison se prépare dans l’ombre.
Plannings, équipes, sécurité, réservations, matériel, météo, accueil des visiteurs… L’été ne s’improvise pas. Derrière l’image légère des vacances, il y a une organisation millimétrée, souvent commencée bien avant les premiers jours de chaleur.
Concrètement, est-ce qu’on a des chiffres pour mesurer l’ampleur de cette saison estivale ?
Et les chiffres montrent bien l’ampleur de cette organisation. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la saison estivale 2024 a représenté 42,3 millions de nuitées dans les hébergements collectifs touristiques entre avril et septembre, avec une hausse de 2,2 % par rapport à 2023. Les campings ont particulièrement porté cette dynamique, avec une fréquentation en hausse de 5,2 %.
Et dans le Var, est-ce que le poids de l’été est aussi important ?
Dans le Var, la fréquentation reste massive : de janvier à août 2025, le département a enregistré 61,9 millions de nuitées touristiques. Rien que sur juillet-août 2025, le cœur de l’été représente 32,6 millions de nuitées.
Sur notre territoire, autour de Toulon, de la rade et du littoral, qu’est-ce que cela représente ?
Sur le territoire Provence Méditerranée, on parle aussi d’une vraie capacité d’accueil : 18 millions de nuitées en 2024, tous hébergements confondus, et plus de 112 000 lits marchands, dont 70 campings et environ 24 000 lits en camping.
L’été, ce sont aussi beaucoup de professionnels mobilisés. Est-ce qu’on sait combien d’emplois cela représente ?
L’été, c’est aussi une question d’emplois. Dans le Var, le tourisme générait déjà près de 30 000 emplois salariés touristiques en moyenne sur l’année, avec un pic à 48 000 emplois en août, soit près d’un emploi salarié marchand sur cinq pendant le mois le plus fort.
Et quand on parle d’été sur notre littoral, il y a évidemment la question de la sécurité en mer.
Et côté mer, la sécurité fait partie intégrante de cette organisation : la SNSM mobilise environ 10 000 bénévoles, 800 bateaux de sauvetage, et prend en charge 26 000 personnes par an. En 2025, elle comptabilise 5 693 sauvetages en mer et 8 894 personnes secourues en mer.
Une fois que la saison est lancée, à quoi ressemble vraiment le grand rush de l’été ?
Le grand rush de l’été, c’est le moment où tout arrive en même temps.
Les routes se chargent, les plages se remplissent, les réservations s’enchaînent, les demandes tombent parfois toutes au même moment, et les journées deviennent beaucoup plus longues.
Pour les vacanciers, c’est souvent la période de détente. Mais pour ceux qui les accueillent, c’est surtout une période où il faut tenir le rythme, garder le sourire et trouver des solutions rapidement.
Est-ce qu’on peut illustrer ce rush autrement que par les chiffres de fréquentation touristique ?
Oui, on peut déjà le voir sur les routes.
Le samedi 9 août 2025, en plein chassé-croisé de l’été, Bison Futé a relevé jusqu’à 1 237 kilomètres de bouchons en France à la fin de la matinée. C’est assez parlant : quand les routes saturent, c’est tout le territoire qui passe en mode été.
Et derrière ces déplacements, il y a des arrivées à gérer, des clients parfois fatigués, des retards, des changements de programme, des réservations à adapter… Bref, le rush commence parfois avant même que les vacanciers soient arrivés.
La météo aussi peut ajouter de la pression pendant l’été ?
Oui, l’été 2025 a été le 3e été le plus chaud jamais mesuré en France, avec 27 jours en conditions de vague de chaleur.
Pour les professionnels, ça veut dire adapter les horaires, protéger les équipes, gérer la fatigue, anticiper les coups de chaud, rassurer les clients, surveiller les conditions en mer ou sur la plage. La chaleur, ce n’est pas seulement une ambiance de vacances, c’est aussi une contrainte de travail.
Et sur le littoral, le rush de l’été, c’est aussi plus de vigilance ?
Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, Santé publique France a recensé 1 418 noyades en France, dont 409 décès. C’est une hausse de 14 % par rapport à 2024. Le Var a été le département le plus concerné, avec 113 noyades et 19 décès sur cette période.
Ce n’est pas pour dramatiser, mais ça rappelle que derrière l’été, il y a aussi des personnes qui surveillent, préviennent, interviennent et répètent les bons réflexes.
Après l’organisation et le grand rush de l’été, il y a aussi une autre question : comment faire profiter sans abîmer ?
Oui, parce que l’été ne se résume pas à accueillir du monde.
Il faut aussi préserver ce qui donne envie aux vacanciers de venir : la mer, les plages, les paysages, les petits ports, les fonds marins, les sentiers, les villages, l’ambiance du littoral.
L’enjeu, ce n’est pas de dire aux gens de ne plus profiter. C’est plutôt de se demander comment on peut mieux profiter, avec plus de respect, plus d’attention, et parfois quelques bons réflexes simples.
Et en mer, il y a aussi des milieux fragiles à protéger ?
Oui, et c’est particulièrement vrai en Méditerranée.
On pense souvent à la mer comme un décor, mais c’est un milieu vivant. Par exemple, les herbiers de posidonie occupent entre 20 et 50 % des fonds côtiers méditerranéens et abritent plus de 20 % de la biodiversité méditerranéenne.
Ces herbiers sont essentiels, mais ils peuvent être abîmés par les ancres, les mouillages mal choisis, ou certaines pratiques répétées. Là encore, l’idée n’est pas de culpabiliser, mais d’expliquer : quand on connaît mieux la mer, on la respecte mieux.
Donc le sujet, ce n’est pas seulement l’environnement, c’est aussi la manière d’accueillir ?
Faire profiter sans abîmer, c’est trouver le bon équilibre : accueillir les vacanciers, faire découvrir les beaux endroits, proposer des activités, créer de bons souvenirs… tout en protégeant le territoire et en respectant ceux qui y vivent à l’année.
C’est aussi le rôle des professionnels : informer, orienter, conseiller, répéter les bons gestes, parfois poser un cadre, mais sans casser l’esprit des vacances
Pour écouter les coulisses de l’émission et la suite avec nos invités, c’est ici !
Pour aller plus loin
Et si l’été ne se résumait pas seulement à ceux qui en profitent, mais aussi à ceux qui le rendent possible ? Dans cet épisode, on vous propose de changer de regard sur la saison estivale, en passant de l’autre côté du décor. Là où les journées commencent avant l’arrivée des vacanciers, où chaque détail compte, où il faut anticiper, rassurer, guider, protéger, tout en gardant le sourire.
Derrière l’image légère des vacances se cachent des métiers exigeants, des responsabilités, une vraie passion du territoire et souvent un attachement profond à la mer, aux visiteurs et à l’art de bien accueillir. Une plongée dans les coulisses de l’été, à la rencontre de celles et ceux qui, chaque jour, transforment la saison en souvenirs.
Car faire vivre l’été, ce n’est pas seulement assurer un service ou répondre à une demande. C’est composer avec l’imprévu, s’adapter à la météo, aux fortes affluences, aux urgences parfois, aux attentes de vacanciers qui veulent profiter pleinement de chaque instant. C’est aussi transmettre des conseils, rappeler les bons gestes, orienter vers les bons lieux, apaiser les tensions et trouver des solutions quand les plans ne se passent pas comme prévu. Dans ces métiers de l’ombre, l’expérience, la réactivité et le sens du contact deviennent essentiels.
Ces coulisses racontent aussi une autre histoire du territoire : celle d’un littoral vivant, accueillant, mais fragile, que chacun contribue à préserver. Ceux qui travaillent tout l’été sont souvent les premiers témoins de ses beautés, de ses excès, de ses transformations. Ils voient passer les habitudes, les générations, les émerveillements, mais aussi les comportements à accompagner. À travers leurs regards, on découvre un été plus humain, plus concret, fait de fatigue, de fierté, de solidarité et de petits moments précieux qui restent longtemps après le départ des vacanciers.

